Dirigeants : attention aux donations de parts sociales !

Dans un arrêt du 11 février 2026 (Cass. civ. 1ère, n°24-18.103), la Cour de cassation rappelle un principe clair :

Les parts sociales (SARL, SCI, SNC, SCPI…) doivent obligatoirement être transmises par acte notarié.

Le don manuel est impossible. Pourquoi ?

Double fondement juridique :

Article 931 du Code civil → Toute donation entre vifs doit être passée par acte authentique.
Article L.223-12 du Code de commerce → Les parts sociales ne sont pas des titres négociables.

Or le don manuel suppose une « tradition » (remise matérielle). Impossible avec des parts sociales.

Ce que cela change concrètement

Beaucoup de dirigeants ont transmis des parts :

  • par acte sous seing privé
  • via une déclaration fiscale de don manuel
  • parfois même avec enregistrement aux impôts

⚠️ Fiscalement enregistré ≠ civilement valide.

L’administration fiscale ne contrôle pas la validité juridique.

Résultat ?

  • La donation est civilement nulle.
  • Et cette nullité est absolue.

👉 Article 931-1 du Code civil.

Exemple concret n°1

Un dirigeant de SARL donne en 2010, 30% des parts à son fils par simple acte sous seing privé. Le fils agit 10 ans plus tard contre le gérant pour faute de gestion.

Problème ?

Si la donation est nulle… Il n’est pas associé. Donc il n’a pas qualité pour agir.

C’est exactement le cas jugé par la Cour de cassation.

Exemple concret n°2

Transmission anticipée dans une SCI familiale. Don manuel déclaré aux impôts.
En cas de divorce ou succession conflictuelle… Un héritier peut contester la qualité d’associé.

Délai de prescription :

  • 5 ans à compter de la découverte
  • Délai butoir de 20 ans (articles 2224 et 2232 du Code civil)

Après 20 ans, plus de contestation possible.

Peut-on régulariser ?

Oui.
Mais pas simplement.

Du vivant du donateur :

Impossible de confirmer l’acte. Il faut refaire une donation notariée.

  • Sans rétroactivité.
  • Avec valorisation actuelle.
  • Avec droits de donation potentiellement dus à nouveau.

Cependant, fiscalement, on peut invoquer la théorie des actes refaits (BOI-ENR-DG-20-20-40 §90).

Après le décès :

Les héritiers peuvent confirmer (article 931-1 al.2 C. civ.).

La transmission d’entreprise, la donation de parts sociales n’est pas un acte administratif.

C’est un acte stratégique. Et parfois… un détail formel peut tout remettre en cause.

👉 Avez-vous déjà vérifié la validité civile de vos transmissions de parts sociales ?

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